Comment devenir un meilleur chef d’entreprise ?

Ecrit par : grozaire - 12• juin•12

Lorsque j’interviens pour coacher un patron, je demande toujours à ses clients, fournisseurs ou employés de me citer trois adjectifs qui peuvent qualifier l’entreprise. Et croyez-moi, ce n’est pas très joli à entendre. Bien souvent, il en ressort que la société n’a pas de ligne directrice claire, des projets en demi-teinte, personne ne connait vraiment ses tâches à accomplir et les produits/services sortiront peut-être un jour. Bref, un beau bordel !

Il y a deux mois, j’ai pu constater dans une entreprise que la femme de ménage avait fait annuler une sortie de produit car elle n’y croyait pas. Je n’ai rien contre cette dame ou son job mais honnêtement, peut-être rivaliser avec un service marketing ? Et aujourd’hui, le produit en question  a été mis directement à la poubelle alors qu’il collait parfaitement aux attentes de leurs clients !

Ce que je veux vous faire comprendre à travers cet exemple, c’est que l’image que vous renvoyez et celle de votre entreprise.

Si vous êtes flou dans votre façon de penser, vos clients auront le sentiment que votre boîte est louche. Si vous ne vous affirmez pas, c’est un appel d’air pour les « mauvais » clients, ceux qui vous baladent en permanence avec des excuses à dormir debout. Vos employés sont incapables de définir leur rôle au sein de l’entreprise, des conflits s’installent et votre seule réponse est de cacher la poussière sous le tapis ? Votre capacité à manager votre équipe est proche du zéro… Chef d’entreprise, c’est avoir une carrure, une personnalité, savoir intégrer votre équipe dans votre projet pour le mener ensemble vers la réussite.

Généralement, cela résulte d’un déficit de connaissance car l’euphorie de se dire Patron fait oublier les principes fondamentaux de la gestion d’une entreprise. Je sais, ce n’est pas facile, je suis moi-même chef d’entreprise. Tout n’est pas toujours rose, vous avez parfois l’impression d’aller directement droit dans le mur et que tout gérer, c’est un réel cauchemar ! Bienvenue dans le monde de l’entreprise, de l’autre côté du miroir !

On ne né pas chef d’entreprise, on le devient. Cela ne sert à rien de nouer des partenariats avec des personnes qui ne parlent pas le même langage que vous – ça explique pourquoi je simplifie mon vocabulaire, je ne vous noie pas dans un jargon de patrons du CAC40 – il faut s’avoir s’adapter à tout type de situation, prendre les bonnes décisions et toujours retomber sur vos pattes. Si vous prenez une décision, bonne ou mauvaise, assumez-la ! Par principe, une décision doit être collective et non individuelle : ferme ne veut pas dire être fermé comme une huître…

Je rencontre souvent des personnes qui n’osent pas franchir le pas, restent indécises sur les décisions à prendre. Si vous employez souvent dans vos phrases des tournures telles que « bla-bla mais je ne suis pas sûr » ou « et si ça ne marche pas ? », abandonnez l’idée de créer votre entreprise, ce serait vous offrir un cadeau empoisonné. Et puis la mentalité n’est pas la même entre un jeune de 25 ans sans enfant et un père de famille qui fait de l’œil à la 50aine car contrairement aux idées reçues, si vous devez échouer, vous échouerez, même si les enjeux ne sont pas du tout les mêmes. Créer une entreprise, c’est se jeter dans l’inconnu, ne pas savoir de quoi l’avenir sera fait demain, c’est à des années lumière de la routine du fonctionnaire…

Vous avez fait Harvard et vous vous dites que votre réussite est assurée ? Vous n’avez que le BAC en poche et vous êtes convaincu que ça ne sera pas suffisant pour créer votre business ? Et si je vous disiez que je suis diplômé en histoire de l’art et archéologie, ça changerait votre regard sur mes compétences et ma légitimité à être ici ? On peut avoir une liste impressionnante de diplômes et se vautrer dès la première marche car bien souvent ces personnes se reposent uniquement sur leurs acquis. A l’inverse, une personne au parcours atypique est comme un couteau-suisse, elle est pleine de ressources… Je suis plus diplômé que mon plombier et pourtant, quand je le vois bosser, je me dis que je serai incapable de faire son boulot.

Un bon chef d’entreprise, c’est une personne qui n’est pas indifférente à l’argent. Non, je ne suis pas en train de vous dire que faire du fric pour le plaisir d’en faire est une bonne chose mais que la seule unité pour mesurer la santé de votre structure, c’est sa capacité à générer de l’argent pour le bien de l’entreprise. Si un client arrive avec un gros chèque et va vous pourrir la vie, vous devez savoir lui dire non, pour le bien-être de chacun.

Et les idées dans tout ça ? C’est ce qu’une grosse boîte néglige souvent car elle met en avant l’argent qu’elle gagne et non sa capacité à se renouveler. C’est d’ailleurs pour cela que de petites structures raflent un marché important à un grand groupe. Réfléchir, c’est avoir un temps d’avance sur tout le monde. Voilà pourquoi les entreprises du CAC40 draguent de plus en plus des diplômés en lettres ou en art car ils peuvent apporter un souffle nouveau à l’entreprise et surtout leur regard sur l’avenir.

Une entreprise, ce n’est pas un homme ou une femme. C’est un groupe qui avance du même pas vers un objectif précis.

Chef d’entreprise, encore une fois je le dis, ça ne s’apprend pas dans les livres mais sur le terrain !

 L’équipe Business Insiders

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